Alerte sur le camembert : ces boîtes cultes pourraient disparaître à jamais !

Un objet emblématique de nos tables pourrait bientôt appartenir au passé. La boîte en bois du camembert de Normandie, gardienne d’un savoir-faire ancien et symbole du terroir français, est aujourd’hui menacée de disparition. Une nouvelle qui secoue la Normandie… et bien au-delà.

La boîte en bois du camembert : une tradition en danger

Depuis presque 140 ans, la petite boîte ronde en bois du camembert accompagne nos repas, nos pique-niques et nos souvenirs d’enfance. Mais derrière cette image rassurante, une réalité économique brutale s’installe.

L’usine Cibem, située à Saint-Pierre-en-Auge, dans le Calvados, est à l’origine de ce précieux emballage. Fondée en 1885, elle incarne un savoir-faire local unique. Pourtant, elle pourrait bientôt fermer ses portes, comme l’a révélé le journal 20 Minutes.

Pourquoi l’usine Cibem va-t-elle fermer ?

La direction de Cibem a annoncé une décision « particulièrement difficile ». Après avoir été placée en liquidation judiciaire, l’entreprise a été reprise par la SNEC, filiale du groupe Lactalis. Malgré cette reprise, elle n’a pas réussi à redresser la barre. Les pertes financières se sont creusées, rendant l’activité non viable.

La fermeture est prévue pour le premier semestre 2026. Si rien ne change d’ici là, c’est tout un pan du patrimoine normand qui disparaîtra avec cette usine.

Une onde de choc dans la commune

À Saint-Pierre-en-Auge, la nouvelle a été vécue comme une tragédie. Le maire, Jacky Marie, ancien employé de Cibem, a exprimé sa profonde tristesse. Les habitants n’en reviennent pas. « C’est toute l’âme de la commune qui s’en va », confiait une résidente.

Les 104 salariés de Cibem s’inquiètent pour leur avenir. Valérie Prévost, déléguée CFDT, déplore une décision inattendue. De nombreux ouvriers expriment colère, déception et incompréhension. Certains ont plus de 50 ans de maison et voient leur vie professionnelle brutalement interrompue.

Et maintenant, que va devenir le camembert ?

La disparition de l’usine Cibem ne menace pas seulement des emplois, elle soulève une question essentielle : où et comment seront fabriquées les boîtes de camembert à l’avenir ?

Pour beaucoup, ces boîtes ne sont pas de simples contenants. Elles incarnent l’authenticité du camembert de Normandie AOP, protègent son goût et assurent son transport. Si leur fabrication était délocalisée, le risque serait double : une perte de qualité et une rupture avec l’image d’un produit typiquement normand.

À ce jour, aucune solution locale de remplacement n’a été annoncée. La fabrication pourrait migrer vers d’autres régions ou même être externalisée à l’étranger. Une menace réelle pour le rayonnement gastronomique français.

Un engagement de Lactalis, mais des questions en suspens

Face à l’émotion suscitée par cette fermeture, Lactalis s’est néanmoins engagé à reclasser tous les employés. Le député du Calvados, Jérémie Patrier-Leitus, affirme que chaque salarié se verra proposer un CDI dans le département.

Une promesse qui apaise un peu les tensions, sans effacer pour autant le vide laissé par la fin de Cibem. Car il ne s’agit pas seulement d’emplois, mais d’un savoir-faire artisanal vieux de près de 140 ans. Et surtout, on ne sait toujours pas : quel emballage aura le camembert à l’avenir ? En plastique, carton ou métal ?

Préserver notre patrimoine gastronomique

La boîte en bois n’est pas qu’un détail. Elle est un fragment de notre identité culinaire. Dans une époque où les traditions se perdent vite, chaque disparition comme celle de Cibem est une alerte.

Faut-il accepter ce changement ou se battre pour préserver ce lien entre produit, lieu et savoir-faire ? La question reste ouverte. Mais une chose est sûre : sans elle, le camembert ne sera plus tout à fait le même.

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Gaspard D.
Gaspard D.

Chef amateur et épicurien, Gaspard D. se consacre à la découverte de nouvelles techniques de cuisine. Il cherche constamment la perfection dans chaque plat qu'il réalise et adore apporter une touche d'originalité.